E-reporting et e-facture : comprendre les différences et les obligations fiscales

par Guillaume BEGHIN le févr. 11 2026
Sommaire

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    Deux piliers pour une seule réforme : ce qui change vraiment en 2026

    La France s'apprête à vivre une transformation majeure de sa gestion fiscale. À partir de septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront adopter la facturation électronique obligatoire. Mais attention : beaucoup confondent encore deux mécanismes distincts qui composent cette réforme.

    D'un côté, l'e-facture permet aux entreprises d'échanger leurs factures de manière dématérialisée. De l'autre, l'e-reporting oblige à transmettre certaines données de transactions directement à l'administration fiscale. Deux dispositifs, deux objectifs, mais une seule ambition gouvernementale : moderniser les échanges B2B tout en améliorant la collecte des informations fiscales en temps réel.

    Cette réforme poursuit un double objectif stratégique. Elle vise à fluidifier les relations commerciales entre professionnels tout en luttant efficacement contre la fraude à la TVA, qui représente des milliards d'euros de manque à gagner pour l'État chaque année. Le calendrier de déploiement s'étalera sur plusieurs phases à partir de 2026, avec des échéances différenciées selon la taille des entreprises.

    L'e-facture ou e-invoicing : quand les entreprises françaises échangent entre elles

    C'est quoi exactement une e-facture ? Il s'agit d'une facture électronique structurée qui permet l'émission, la transmission et la réception de données de facturation entre entreprises assujetties à la TVA en France. Contrairement à un simple PDF envoyé par email, l'e-facture utilise un format normalisé (comme Factur-X, UBL ou CII) qui permet un traitement automatisé des informations.

    La grande nouveauté ? Ces factures devront obligatoirement transiter par une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) certifiée par l'État ou par le portail public de facturation (PPF). Exit donc les échanges directs par email entre entreprises, du moins pour les flux B2B domestiques.

    Les avantages de cette facturation électronique sont nombreux. Vous gagnez un temps précieux en automatisant la saisie comptable. Vous réduisez drastiquement les erreurs de ressaisie manuelle. La traçabilité devient totale, et la conformité fiscale se vérifie automatiquement au moment de l'émission. Pour votre trésorerie, c'est également un atout : les délais de paiement deviennent plus transparents et les relances plus simples.

    Les formats acceptés varient, mais tous partagent une caractéristique commune : ils contiennent des données structurées exploitables automatiquement par les systèmes informatiques. Fini le temps perdu à recopier manuellement les montants et les références. L'e-reporting de la facture électronique viendra compléter ce dispositif en transmettant automatiquement certaines informations à l'administration.

    L'e-reporting : transmettre vos données fiscales à l'administration

    L'e-reporting représente le second volet de cette réforme fiscale. Contrairement à l'e-facture qui concerne les échanges entre entreprises françaises, l'e-reporting de la facture électronique vise la transmission électronique de données de transactions directement vers l'administration fiscale.

    Quelles opérations sont concernées ? Principalement celles qui échappent au circuit de l'e-facture : vos ventes aux particuliers (B2C), vos exportations hors de France, vos importations, et certaines opérations intracommunautaires. En clair, toutes les transactions pour lesquelles vous n'émettez pas d'e-facture via une plateforme certifiée devront faire l'objet d'un reporting fiscal.

    Les informations à transmettre incluent notamment l'identité du client, le montant total de la transaction, le taux de TVA appliqué, et la date de l'opération. La fréquence de transmission variera selon votre type d'activité et votre volume de transactions, mais l'objectif reste le même : permettre à l'État de disposer de données quasi-instantanées sur l'activité économique.

    L'objectif gouvernemental est clair. L'e-reporting de facture électronique doit permettre de lutter plus efficacement contre la fraude à la TVA, d'améliorer le pré-remplissage de vos déclarations fiscales (vous y gagnerez aussi en temps), et de disposer d'une vision en temps réel de l'activité économique française. L'administration fiscale pourra ainsi détecter plus rapidement les anomalies et les incohérences.

    Calendrier 2026 : qui est concerné et quand basculer

    Le déploiement de cette réforme suivra un calendrier progressif pour permettre aux entreprises de s'adapter. Première étape : septembre 2026. Les grandes entreprises devront commencer à émettre leurs factures électroniques via les plateformes certifiées. Mais attention, dès cette date, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des e-factures, quelle que soit leur taille.

    À partir de janvier 2027, l'obligation d'émission s'étendra aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) et aux petites et moyennes entreprises (PME). Les microentreprises bénéficieront d'un délai supplémentaire, mais le calendrier précis reste à confirmer par décret. Quand sera obligatoire la facture électronique pour votre structure ? Cela dépend donc de votre catégorie d'effectifs et de chiffre d'affaires.

    Qui est concerné par la facturation électronique ? La réponse est simple : toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, sans exception. Que vous soyez artisan, commerçant, profession libérale, association ou grande entreprise, vous devrez vous conformer à cette obligation. Seules quelques opérations spécifiques bénéficient d'exemptions limitées.

    L'e-reporting suivra un calendrier similaire mais avec des spécificités selon vos flux commerciaux. Les entreprises réalisant d'importants volumes de ventes B2C devront anticiper cette transition pour éviter toute rupture dans leur déclaration fiscale. Le message est clair : mieux vaut s'y prendre tôt que de gérer l'urgence en 2026.

    E-facture vs facture par email : comprendre ce qui est légal aujourd'hui

    Beaucoup se demandent : est-ce légal d'envoyer une facture par mail ? Aujourd'hui, oui, absolument. Avant l'entrée en vigueur de la réforme, vous pouvez tout à fait envoyer vos factures en PDF par email, à condition d'avoir obtenu l'accord de votre client et de respecter les mentions obligatoires habituelles.

    Mais voici le point crucial : envoyer un PDF par email n'est PAS une e-facture au sens de la réforme 2026. La différence ? Une facture PDF reste un document image, même si elle est numérique. Les données qu'elle contient ne sont pas structurées et nécessitent une ressaisie manuelle pour être exploitées dans un système comptable.

    L'e-facture véritable utilise un format structuré où chaque donnée (montant, TVA, date, références) est identifiée et exploitable automatiquement par les logiciels. Pensez à la différence entre une photo d'un texte et un fichier Word : dans les deux cas vous voyez le texte, mais seul le second permet de copier-coller et modifier facilement.

    Demain, après 2026, vos factures B2B devront obligatoirement passer par des plateformes certifiées utilisant ces formats structurés. Le simple envoi par email ne sera plus conforme pour les transactions entre professionnels français. C'est pourquoi vous devez dès maintenant identifier les solutions techniques qui vous permettront de basculer sereinement vers la facture électronique obligatoire.

    Comment choisir la bonne solution technique pour être conforme

    Trois grandes options s'offrent à vous pour vous conformer à cette réforme. Le portail public de facturation (PPF) sera gratuit et accessible à tous, idéal pour les très petites structures avec peu de volume. Les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) sont payantes mais offrent des services additionnels : automatisation poussée, connecteurs avec vos outils métiers, support dédié. Enfin, certains logiciels de gestion intègrent directement ces fonctionnalités.

    Quel est le meilleur logiciel de facturation pour votre activité ? La réponse dépend de plusieurs critères. Votre volume de factures mensuel, votre secteur d'activité, vos besoins en automatisation, et surtout la compatibilité avec vos outils existants (ERP, CRM, plateforme e-commerce). Une solution mal adaptée peut créer plus de problèmes qu'elle n'en résout.

    Si vous gérez une boutique en ligne sur Shopify, une solution intégrée comme Facturii, l'application de e-facture et comptabilité conçue pour Shopify, peut considérablement simplifier votre transition. Vous centralisez vos ventes, votre facturation et votre comptabilité dans un seul environnement, tout en vous préparant aux obligations de 2026.

    L'intégration avec vos systèmes existants reste cruciale. Vous utilisez déjà un ERP ou un CRM ? Vérifiez que votre future solution de facturation électronique peut s'y connecter facilement. D'ailleurs, si vous souhaitez créer une connexion avec votre site e-commerce et vos outils de gestion, des connecteurs spécialisés existent pour éviter toute rupture dans vos flux d'information.

    Questions fréquentes sur l'e-reporting et la facture électronique

    C'est quoi concrètement une e-facture ?

    Une e-facture est une facture électronique au format structuré (Factur-X, UBL, CII) qui permet l'échange automatisé de données de facturation entre entreprises. Contrairement à un simple PDF, elle contient des informations exploitables directement par les systèmes informatiques sans ressaisie manuelle. Elle doit transiter par une plateforme certifiée (PDP ou PPF) pour être conforme à la réglementation 2026.

    Quelle est la différence entre e-facture et e-reporting ?

    L'e-facture concerne les échanges de factures électroniques entre entreprises françaises (B2B). L'e-reporting, lui, consiste à transmettre à l'administration fiscale les données de transactions non couvertes par l'e-facture : ventes aux particuliers (B2C), exportations, importations et certaines opérations intracommunautaires. Ce sont deux obligations complémentaires de la même réforme.

    Quand la facture électronique devient-elle obligatoire ?

    Le calendrier démarre en septembre 2026 pour l'émission par les grandes entreprises, et toutes les entreprises devront pouvoir recevoir des e-factures dès cette date. À partir de janvier 2027, l'obligation d'émission s'étend aux ETI et PME. Les microentreprises bénéficieront d'un délai supplémentaire dont les modalités précises seront fixées par décret.

    Puis-je continuer à envoyer mes factures par email ?

    Avant 2026, oui, vous pouvez envoyer vos factures en PDF par email avec l'accord de votre client. Après l'entrée en vigueur de la réforme, les factures B2B entre entreprises françaises devront obligatoirement passer par une plateforme certifiée au format structuré. L'envoi par email simple ne sera plus conforme pour ces transactions professionnelles.

    Quel logiciel choisir pour être conforme en 2026 ?

    Le choix dépend de votre volume de facturation, de votre secteur d'activité et de vos outils existants. Le portail public de facturation (PPF) sera gratuit mais basique. Les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) offrent plus de fonctionnalités moyennant un abonnement. Pour les e-commerçants sur Shopify, une solution intégrée comme Facturii combine facturation, comptabilité et conformité 2026 dans un seul outil.

    Guillaume Beghin

    Guillaume Beghin - CEO de huggii.com

    Guillaume BEGHIN, responsable de l’agence web Huggii, je vous accompagne dans vos projets de création de site e-commerce et portail de commande B2B !